Les élu.es de la CFDT Education ont été reçu.es en audience avec la nouvelle Rectrice, Natacha Chicot, le jeudi 24 septembre 2026.
Nous avons d’abord évoqué la nouvelle académie de Normandie, qui est la 5ème académie en termes de nombre de personnels mais qui, suite à la fusion, est passée de deux instances avec 7 élu.es à une grande instance à 10 élu.es, situation impliquant davantage de suivi des personnels mais avec moins d’élu.es et de moyens !
=> Selon nous, les deux urgences à prioriser dans l’académie sont la violence subie dans les écoles par les personnels PE et AESH et la question de l’ambiance thermique (chaleur et aussi froid).
Les travaux de la Formation spécialisée (instance santé et sécurité), dans lesquels la CFDT s’implique pleinement, permettent des échanges intéressants et la réalisation de guides et circulaires académiques qui peinent encore à aider les collègues concrètement sur le terrain. Nous avons rappelé que la CFDT n’adhère pas à l’idée de « maltraitance institutionnelle » que brandissent certains au vu de conditions de travail dégradées, mais que nous cherchons plutôt à bien comprendre pourquoi certains collectifs de travail dysfonctionnent (posture des supérieurs hiérarchiques notamment…) et agir pour que la situation revienne à la normale. La notion de « prévention primaire » nous semble essentielle pour éviter que des conflits ou situations tendues ne dégénèrent en souffrance au travail.
La question de l’inclusion a été identifiée comme source de grande difficulté pour les collègues : l’idée qu’un élève de 5 ans puisse faire subir des violences importantes à des adultes n’est pas encore reconnue dans la société et la loi sur le handicap (2005) promet aux familles que leur enfant aura sa place à l’école, sans distinction. Certaines situations médiatisées tendent à faire changer ce regard.
La CFDT a rappelé que personne ne doit subir de violences verbales ou physiques sur son lieu de travail, le risque de banalisation de la violence existe puisque peu de collègues font reconnaitre les incidents comme « accidents de service » (démarche peu connue, assez compliquée voire impossible à tenir dans les délais pour les AESH).
Quand la violence émane d’élèves, les solutions sont réduites et jamais faciles (déscolarisation, changement d’école…) mais quand la violence vient des familles, la Rectrice s’accorde avec nous pour dire que aucune violence ne doit être tolérée (rappel à la Loi, dépôt de plainte…). L’évolution du public accueilli mais aussi de la posture des familles (parfois peu d’intérêt ou peu de confiance dans l’école) est à prendre en compte dans la mise en place de l’inclusion.
Les conditions de travail des AESH, de plus en plus difficiles du fait notamment de la multiplication des élèves à suivre ont été évoquées : pour la Rectrice, l’accompagnement par l’AESH revient à une « externalisation » de la difficulté et non à l’inclusion véritable, le nombre d’adultes dans une classe devenant parfois trop important et donc contre-productif. Malgré l’augmentation importante du recrutement des AESH, la situation reste alarmante. Nous avons rappelé que tout dépôt RSST devait donner lieu à une réponse rapide et un soutien total du supérieur hiérarchique !
Les vagues de chaleur qu’a subi notre académie en mai et juin auraient nécessité de réunir les instances afin de faire le point avec les représentants des personnels ! Pour la CFDT, il convient de mettre à jour, adapter et rendre obligatoire un certain nombre de normes et recommandations. Il faut également anticiper le fonctionnement des établissements par des décisions prises en amont de l’évènement. Par exemple ouvrir les écoles et les établissements uniquement le matin en cas de vague de chaleur. Ou en cas de vague de froid : ne pas laisser arriver les élèves le matin s’il y a un risque d’interdiction des transports scolaires en cours de journée… Un état des lieux du bâti est également primordial pour s’adapter aux vagues à venir et anticiper les rénovations importantes. Pour la Rectrice, notre académie n’étant pas habituée à la chaleur, des gestes simples doivent devenir des habitudes, elle ne souhaite pas clarifier des indicateurs précis car cela reviendrait à autoriser les fermetures d’écoles, or fermer une école est un échec car il faut garantir la continuité des apprentissages. La sécurité et la santé des agents étant sa responsabilité, nous avons aussi rappelé qu’il était important d’identifier les agents vulnérables et regretté l’absence de visite médicale au travail ainsi que le manque de médecins de prévention.
Pour finir, nous avons déploré que les courriers que la CFDT envoie au Rectorat demeurent sans réponse ni accusé de réception : par exemple sur les promotions à la classe exceptionnelle des professeurs des écoles cette année : le Ministère annonce 577 promotions et l’académie n’en donne que 341, pourquoi cette différence ? Attention, le secrétaire général nous indique que suite à notre courrier, la situation a été prise en compte et que le rectorat est en lien avec le ministère pour rectifier l’erreur !
Ce sont plus de 230 professeurs des écoles supplémentaires qui pourraient être promus pour 2026 grâce à l’action de la CFDT !
D’autres questions ont été abordées : la situation des contractuels, l’entrée dans le métier des stagiaires…
